C’est quoi l’inceste ?

C’est quoi l’inceste ?

« Est-ce que j’ai le droit de faire l’amour avec ma sœur ? », « est-ce qu’avoir des relations sexuelles avec son oncle c’est de l’inceste ? », « et ma cousine, j’ai le droit de l’épouser ? ».

L’inceste c’est le fait d’avoir des relations sexuelles avec un membre de sa famille, alors que c’est interdit. Ça fait partie des grands tabous de l’humanité. C’est une définition complexe qui peut avoir différentes valeurs selon les cultures et les époques.

Petit point juridique

En France depuis la révolution française, ce concept est tellement délicat pour le législateur, c’est-à-dire celui qui fait les lois, qu’il ne figure à ce jour pas dans le code civil, ni dans le code pénal. D’ailleurs l’inceste n’est pas une infraction en soi, mais une « circonstance aggravante ». On parle de viol ou d’agression sexuelle aggravé quand l’auteur est un ascendant naturel ou adoptif (à savoir son père, sa mère, ses grands-parents).

Depuis 1804, époque où le mariage avait pour simple but de fonder une famille, le code civil interdit seulement le mariage entre personnes avec des liens de parenté allant jusqu’au 3ème degré ; c’est-à-dire qu’il est interdit par exemple d’épouser son frère ou sa sœur, comme il est interdit d’épouser sa belle-mère ou son gendre.

En 2010, le législateur avait inscrit pour la première fois dans le code pénal la notion d’actes « incestueux » commis sur mineurs. Cette notion a été censurée par le conseil constitutionnel en 2011, au motif que la définition des membres de la famille concernés était trop imprécise. Mais dernièrement le gouvernement a annoncé son intention de refaire une loi plus précise sur l’inceste.

La morale l’interdit

En France, au sein des familles, habituellement les parents transmettent à leurs enfants de façon tacite, c’est-à-dire non dite, l’idée que même si on s’aime tous très fort, on ne fait pas l’amour avec son frère ou sa sœur, ni avec ses parents ni avec aucun membre de sa famille. C’est comme ça. Ça fait partie de l’histoire familiale, de l’éducation, des limites qui sont posées, des principes et des valeurs qui sont inculquées dans notre société.

Un peu de psycho

Les théories psychologiques du développement nous expliquent qu’environ à 4-5 ans, l’enfant éprouve des sentiments amoureux pour sa mère ou son père (le petit garçon vers sa mère et la petite fille vers son père). Du coup, il a envie de prendre la place de l’autre parent. A l’issue de cette période (qu’on appelle complexe d’Oedipe), tous les enfants doivent en principe avoir compris qu’ils ne seront jamais autorisés à avoir des relations sexuelles avec leurs parents. C’est à ce moment-là que l’interdit de l’inceste est acquis.

A l’adolescence ces attirances sexuelles peuvent resurgir de façon inconsciente – c’est-à-dire qu’on ne s’en rend pas forcément compte. Alors ce n’est pas grave en soi d’avoir à un moment donné envie d’embrasser son père/sa mère ou de se marier avec, l’important c’est de ne pas le faire !

C’est quoi la différence entre incestueux et incestuel ?

On parle de situation incestueuse lorsqu’il y a un inceste avéré, réel dans une famille – c’est-à-dire quand on a eu une relation sexuelle avec un membre de sa famille alors que la loi et la morale l’interdisent. L’incestuel évoque plutôt une ambiance trouble, ambigüe, souvent malsaine, dans une famille où les limites de cet interdit de l’inceste ont été mal posées et sont floues. Par exemple, quand on vit dans une famille où le parent insiste pour laver son ado alors qu’il a déjà 15 ans on peut dire que dans ce cas on grandit, malgré soi, dans une ambiance incestuelle.

Suis-je victime d’inceste ?

Être victime d’inceste c’est une forme de maltraitance. Parfois on peut avoir l’impression que ces gestes ont été faits avec douceur, avec « gentillesse », sans force… C’est justement toute l’ambigüité de cette agression. Avoir des relations sexuelles, subir des attouchements, recevoir des caresses mal placées de la part d’une personne de sa famille et/ou qui est d’une autre génération, c’est de l’inceste. Même si à certains moments on s’est senti flatté d’être autant désiré, même si on a jamais osé dire non, même si on aime cette personne, c’est interdit ! Cet adulte n’a pas le droit de nous infliger ça !

Je subis un inceste, que faire ?

L’inceste sur mineur est interdit et sévèrement puni par la Loi. Il est alors essentiel dans ce cas d’en parler à un adulte de confiance (un parent, une tante, l’assistante sociale du collège, le CPE etc.…) qui pourra entreprendre les démarches pour que ça s’arrête, ou d’appeler le 119 (Allô Enfance en Danger). Tu peux aussi écrire au Juge des enfants pour dénoncer cette forme de maltraitance ou au procureur de la République du TGI (Tribunal de Grande Instance) de ton domicile.

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